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	<title>francesc morera</title>
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		<title>La sculpture absente &#8211; Francesc Morera</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Oct 2012 10:22:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[En tant que des êtres humains le besoin de la vérité nous oblige à circuler par la vie en nous méconnaissant, pour nous découvrir à travers de l’autre. Et on a recours à l’art comme l’un des chemins à suivre qui mènent de la méconnaissance à la découverte. On le choisit...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">En tant que des êtres humains le besoin de la vérité nous oblige à circuler par la vie en nous méconnaissant, pour nous découvrir à travers de l’autre. Et on a recours à l’art comme l’un des chemins à suivre qui mènent de la méconnaissance à la découverte. On le choisit à cause de son caractère distinctivement humain, hors l’esclavage de la nécessité, de la survivance. Et au début de ce siècle la sculpture semble nous décevoir à cause de son indécision. Elle doute entre apparaître sur la place publique et crier, ou bien se cacher tout au fond des magasins, pour lécher ses blessures et méditer. Elle se décroche des piédestaux et rampe, elle traîne sur les murs et descend des toits. Elle ne sait pas si son temps est révolu ou, au contraire, c’est le début d’une nouvelle épiphanie, quand elle a enfin réussi à émerger d’un puits plein de grands hommes et condottieri, de déesses et courtisanes.</span></span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Son absence déploie des artifices pour saisir l’air, lui donner une forme et l’apprivoiser. Elle s’entretien avec lui pendant qu’elle essaie de le séduire, l’attraper, et son angoisse remplit l’espace de socles pour qu’elle se pose si elle se fatigue. Mais elle est fuyante. Elle se dérobe parmi les ombres et elle ne nous montre que sa trace, jamais son visage, délayée.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Une parole concave et un concept convexe se rencontrent à côté du socle dans un coin de la salle; entre eux la lumière dessine une arête et un pli, qui montent sur un podium en s’exhibant. Ils s’unissent, tournent le dos ou se cachent, dans un pas à deux ou la lumière devient musique.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Le mot aspire à remplacer le marbre, le concept le bronze. Comme dans un miroir, la vie est substituée par son reflet et nous devenons des androïdes assis, avec la seule fonction de déglutir.</span></p>
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		<title>Le vide et les natures mortes &#8211; Francesc Morera</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Oct 2012 10:21:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(De Morandi à Zurbarán tout en passant par Cézanne) Un voyage hypothétique, envisagé dès la quiétude de Morandi jusqu’à l’austérité de Zurbarán, passe par le non-temps statique du premier et s’arrête dans la simplicité du deuxième, qui escroque la gravité de ses natures mortes avec ses éléments solitaires et espacés....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">(De Morandi à Zurbarán tout en passant par Cézanne)</span></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Un voyage hypothétique, envisagé dès la quiétude de Morandi jusqu’à l’austérité de Zurbarán, passe par le non-temps statique du premier et s’arrête dans la simplicité du deuxième, qui escroque la gravité de ses natures mortes avec ses éléments solitaires et espacés. Sans oublier Cézanne qui, à mi-chemin, utilise las “draperies” comme des éléments vertébrateurs dans ses natures mortes. Avec ces éléments on a construit des bagages-absences, en utilisant les “draperies” presque comme des linceuls. Les formes construites de cette manière se comportent tel un plan limite entre el non-être (l’absence) et l’espace, un plan en tension entre le vide et le néant. On décompose ainsi l’objet et sa limite, devenant la limite le réel, et point l’objet. Alors le regard tend à fixer les objets obtenus, dépouillés de tout accident, dans une éternité ancestrale, étrangère à l’histoire et antérieure, comme des animaux blottis, cachés, prêts à sauter sur l’âme du spectateur.</span></span></p>
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		<title>Chemin &#8211; Ramon Alabau et Francesc Morera</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 15:50:14 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[“Camí” est el nom de l’exposition qui a eu lieu dans la contrée du Ripollès pendant tout le mois de juillet de 2008, avec le dessein de promouvoir la mémoire collective sur les événements tragiques du 39, en utilisant en ce cas la voie de la création artistique et l’expression...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-large;">“Camí” est el nom de l’exposition qui a eu lieu dans la contrée du Ripollès pendant tout le mois de juillet de 2008, avec le dessein de promouvoir la mémoire collective sur les événements tragiques du 39, en utilisant en ce cas la voie de la création artistique et l’expression poétique. Exposition qui était en réalité une sorte de couloir artistique qui parcourait, avec des formes et des mots exhibés dans des endroits publics, los 56 km. qui constituent le chemin de la reculade républicaine qui va de Ripoll jusqu’à Prats de Molló. </span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Faut-il remémorer? Faut-il revenir encore une fois aux événements du 36-39? La réponse la plus fréquente parle de remémorer pour éviter leur répétition, et avec cette attitude, paraît-il, on est satisfait. Si c’était la seule raison, il faudrait peut être désister, les faits nous démontrent que l’être humain n’apprend pas. Une phrase émise dans l’une de nos rencontres nous a fait découvrir que le fait va bien plus loin: “Nous devrions être capables de construire une société sur les valeurs de l’homme, jamais sur le fric”. Cela semble et sonne tout à fait évident, totalement logique, dirais-je.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Ce qu’il faudrait remémorer et incorporer aujourd’hui ce sont les valeurs qu’apportaient ces générations: solidarité, modernité -dans le sens d’amélioration des conditions de vie et des droits humains-, liberté -droit à décider au-delà des relations de marché ou d’économie-&#8230; des concepts que le néolibéralisme régnant considère pernicieux, démodés ou peu pratiques, même décidément idiots. Pourtant, ils ne me paraissent guère différents de ceux pour lesquels luttent maints groupes de jeunes, soit antisystème, anti-globalisation ou squatters.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Il paraît que l’histoire a voulu lier deux générations, en se sautant les deux intermédiaires. Faudrait-il peut-être accepter qu’une partie de nos ancêtres luttait pour des choses pareilles et que l’erreur historique correspond aux générations intermédiaires, et non à l’inverse?</span></p>
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		<title>Francesc Morera, la mémoire fertile &#8211; Joaquim Vinyes</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 15:47:16 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-large;">“&#8230; une oeuvre sculpteuse qui, quand elle ne nous surprend pas par sa perfection et sa beauté, le fait comme la plus exigent proposition intellectuelle. Artifice de patience infinie, tel un démiurge de l’être, qu’il croit – et je suis d’accord – plus suggérant que sa présence. Il nous en donne, seulement les vestiges: les signes, les empreintes, les lignes, les angles, les écorces, les coquilles. L’enveloppement le plus exiguë qu’il peut nous donner d’une présence qui n’y est pas.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Pas les murs romans ni ses peintures hiératiques, simple décor extérieur, pures guenilles rhétoriques: seulement l’espace, les silence, le vide qui se crée dans son intérieur&#8230;”</span></p>
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		<title>Vide &#8211; Ramon Alabau</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 15:44:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[où sont les sons? où les formes? où les arômes? ailleurs, dans la latence impatiente, au-delà, dans les linceuls du révolu. RAMON ALABAU I SELVA 2001 (original en francès)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">où sont les sons?</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">où les formes?</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">où les arômes?</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">ailleurs,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">dans la latence impatiente,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">au-delà,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">dans les linceuls du révolu.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">RAMON ALABAU I SELVA 2001</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">(original en francès)</span></p>
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		<title>Golgotha &#8211; Dani Font</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 15:42:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Golgotha&#160;&#187; est le nom hébraïque de la montagne du Calvaire, au sommet de laquelle Jésus a été crucifié. L’ascension vers la cime, avec la croix sur ses épaules, constitue un épisode crucial, dramatique et en même temps éthique d&#8217;une transcendance fondamentale pour les chrétiens. &#171;&#160;Golgotha&#160;&#187; est encore une proposition sculpturale...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">&laquo;&nbsp;Golgotha&nbsp;&raquo; est le nom hébraïque de la montagne du Calvaire, au sommet de laquelle Jésus a été crucifié. L’ascension vers la cime, avec la croix sur ses épaules, constitue un épisode crucial, dramatique et en même temps éthique d&rsquo;une transcendance fondamentale pour les chrétiens. &laquo;&nbsp;Golgotha&nbsp;&raquo; est encore une proposition sculpturale qui nous surprend.</span></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Nous ne sommes pas devant des pièces qui remettent, au premier coup d&rsquo;oeil, aux simagrées et aux folklorismes topiques propres des représentations de cet épisode. Nous ne trouvons ni grandiloquences ni des gestualités théâtrales, nous ne trouvons pas d’excès formels ni matériels, nous ne trouvons pas les haut-parleurs qui amplifient le vide.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Nous découvrons une autre manière de regarder les choses. Nous trouvons un regard sincère, une approche respectueuse, nous trouvons la matérialisation opportune pour un discours avec plein de faces. Avec un souci évident de mettre la réflexion devant le spectacle, Morera prend une liste de volontés et il les exécute sans concessions: ne pas tuer les arêtes; se passer de toute esthétique; une sobriété rigoureuse; l’équivalence entre fond et forme; la participation déterminante de l&rsquo;observateur; l’occupation de l&rsquo;espace dès la matière et son ombre.</span></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Ainsi il obtient une série de petites pièces, au volume cubique, où sa partie matérielle -qui devient abstraite- est aussi importante que la projection de ses ombres -qui devient reconnaissable. La chair et l’esprit; le tangible et l&rsquo;intangible. Le regard intransmissible de l&rsquo;observateur fait naître une réalité nouvelle. La lumière est aussi indispensable que la volonté d’y voir.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Tout en s’éloignant des bruits d’une mise en scène, Morera nous parle de l’importance du regard; il nous incite à chercher d’autres manières de regarder, afin de découvrir au-delà de la matière une réalité non palpable; il nous propose de partager une globalité transcendante.</span></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: x-large;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Et dans cette démarche, Morera ne perd aucune des émotions que le chemin du Calvaire nous provoque. L&rsquo;âpreté, le malaise, la terrible simplicité, l’inexorabilité de la fin, la transcendance, la non gratuité. Mais il nous fait surtout comprendre, avec ses jeux du vide et du plein, avec les figures inexistantes que leur propre ombre origine, que l’importance de la croix ne réside pas en elle-même, mais en sa projection. La croix n’est pas une borne pour la mort mais un moyen pour la Vie.</span></span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">DANI FONT</span></p>
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		<title>Cartrografies &#8211; Francesc Morera</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 15:41:19 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L’espace plein de mémoire devienne carton. Contenant d’images et objets. En apparence dualisme constant: la vie- la mort, le chaos- l’ordre, construction-destruction, l’objet et son représentation. Éclate et devienne table. Table de travail, champ de bataille. Devient après tout géographie. C’est action et point d’inflexion, “ linealitat”, entre l’ordre chaotique...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-large;">L’espace plein de mémoire devienne carton. Contenant d’images et objets. En apparence dualisme constant: la vie- la mort, le chaos- l’ordre, construction-destruction, l’objet et son représentation. Éclate et devienne table. Table de travail, champ de bataille. Devient après tout géographie. C’est action et point d’inflexion, “ linealitat”, entre l’ordre chaotique et le chaos de l’ordre.</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Architectures intérieures (La mémoire personnelle) – Manuel Aramendía</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 15:40:10 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Francesc Morera nous propose avec son travail un parcours complexe par l’expérience du vide. Pour réussir à suivre cette aventure esthétique, il nous faut d’abord comprendre et accepter, comme base de travail, une polarité conventionnelle entre l’intérieur et l’extérieur. Celui-ci est peut-être le moment le plus délicat dans la lecture...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Francesc Morera nous propose avec son travail un parcours complexe par l’expérience du vide. Pour réussir à suivre cette aventure esthétique, il nous faut d’abord comprendre et accepter, comme base de travail, une polarité conventionnelle entre l’intérieur et l’extérieur. Celui-ci est peut-être le moment le plus délicat dans la lecture du travail sculptural que nous présentons, mais, une fois on a surmonté la résistance à accepter cette convention linguistique bipolaire, nous pouvons voir qu’on nous propose une violente inversion des termes intérieur et extérieur qui va conditionner la lecture de cette série de sculptures.</span></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les plis agissent dans quelques pièces comme le vêtement d’un nouveau-né, mais dans d’autres cas ils semblent évoquer l’élasticité d’un sexe, en pleine dilatation, a travers duquel on peut se pencher et initier un voyage vers l’intérieur. Bientôt on comprend que nous nous trouvons devant une étrange inversion de la naissance qui nous situe comme spectateurs dans une situation de “non-nés”. Avec une logique implacable cette naissance vers l’intérieur nous donne des visions fragmentées de faits physiques résiduels d’un temps auquel on ne peut accéder qu’à travers du rêve. Dans ce rêve plastique nous naissons dans un espace cryptique qui montre ses ombres sans dévoiler son mystère. Nous reconnaissons des galeries, des bibliothèques, des perrons, des lumières zénithales d’un complexe architectural préparé pour une existence qui se trouve au-delà du réel. Nous assistons à une certaine évocation de l’intérieur des pyramides pharaoniques et d’un voyage où la mort et la naissance se rejoignent.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Approfondir dans la compréhension du vide, sans tomber dans le nihilisme, requiert la reconnaissance de cette compréhension comme phénomène avec une existence propre qui se manifeste avec un certain signe. Si nous voulons percer le signe de la série de travaux présentés par Francesc Morera, nous nous verrons plongés dans un tourbillon d’inversions qui réaffirment la première impression: on a affaire à une complexe expérience du vide.</span></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Il s’agit sans doute d’un phénomène négatif, puisqu’il montre une entité qui n’existe pas. La complexité réside à ce qu’une existence architecturale intérieure imaginée assume le rôle de destin du “non-né ”. Alors, l’entité qui n’existe pas retombe également sur l’artiste et sur le spectateur, en nous faisant sentir le poids du vide.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Je crois que pour déchiffrer la notion de vide éprouvée par Francesc on pourrait recourir à quelques déclarations faites par le Dalai Lama du Tibet en 1981, à l’occasion des conférences qu’il a données à l’Université de Harvard, invité par l’Institut Nord-américain d’Etudes Bouddhistes. Au cours d’une des conférences donnés quelqu’un lui a demandé sur l’entité de ce qui n’existe pas, et il a répondu que “sans se mettre en contact avec l’existence imaginée on n’apprend pas la non-existence”, de la même façon que “sans connaître ce que c’est l’entité, on ne peut pas connaître l’absence d’une entité propre”.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Nous nous appuierons sur les concepts d’existence imaginée et entité pour poursuivre notre lecture sculpturale. Il est extraordinairement difficile de parler directement du fait nucléaire de l’entité, mais nous pouvons nous référer à quelques-uns de ses attributs et voir son fonctionnement comme modèle d’un grand nombre de nos représentations. Ainsi, nous concevons que l’entité est immutable et nous nous référons à ce modèle de permanence avec le terme “identité”. Mais pour approfondir dans le vide des sculptures que Francesc nous propose, nous réfléchirons sur le caractère indépendant de l’entité. L’entité se caractérise pour ne pas dépendre d’un autre principe qui ne soit pas elle-même, elle est nécessairement antérieure à toute possible différenciation.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Quand Francesc nous fait voir les fragments intérieurs, qui ne composent pas un espace unitaire, il nous présente une première intuition d’entité comme un corps étrange sans relation de composition avec l’espace qui l’accueille, c’est-à-dire l’entité comme vision de “l’autre”, comme une architecture qui envahit une autre architecture. En ce sens son sculpture nous mène vers une négation qui affirme une entité. La péripétie de cette aventure esthétique pour l’univers intérieur ne termine pas ici, avec l’apparition d’un principe antérieur à toute entité différenciée. Ce principe est la mémoire, qui défait le principe nécessaire d’indépendance dans lequel se fonde l’existence de l’entité.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Dans ce dernier virement s’évanouit la possibilité qu’une différentiation formelle agisse comme entité et ainsi l’entité affirmée indirectement c’est le vide. La mémoire est capable d’inclure les oublis dans l’épais tissu de l’expérience de vide, oublis qu’on ne doit pas interpréter comme indépendance des principes formels, mais comme l’évidence d’un flux d’existence dérivé de l’entité indifférente.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Ce sont les oublis ceux qui mettent en rapport las différentes architectures. Finalement, il existe un type d’architecture qui n’a pas d’entité puisqu’elle dépend de l’oubli. Ignorer l’oubli fonde l’illusion de toute entité indépendante, tandis que ne le perdant pas de vue devient une voie secrète de relation. Celle-ci est, à mon avis, l’expérience complète du vide que la contemplation de la sculpture de Francesc Morera nous offre.</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Manuel Aramendía</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Professeur Titulaire de Sculpture</span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Université de Barcelona</span></span></p>
<p lang="fr-FR">
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		<title>Dedales et scénographies de l&#8217;absence &#8211; Ramon Alabau</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Oct 2012 15:37:37 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-large;">Tu fluctuais entre la rationalité géométrique et la viscéralité organique quand tu t&rsquo;es senti attiré par l&rsquo;idée de la morbidité, le halètement frénétique de la vie, la morsure tenace du temps, la détérioration inexorable de la matière. Tu as voulu fixer le commencement sourd, imperceptible et résolu du dégât ou l&rsquo;orgie exultante, corrosive et irréversible de la putréfaction.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Puis tu as voulu arrêter, emmailloter, momifier le vertige consomptif de la décomposition. A la mollesse évanescente a succedé la trempe du bandage, timbale tendu où tu ferais retentir l&rsquo;écho lointain du corps exclu, élidé, aboli. Tu bandais l&rsquo;air pour éterniser l&rsquo;absence. De l&rsquo;objet fondu, il ne restait que le nerf, l&rsquo;élan, les tensions. Tu materialisais, puisse-t-il paraître impossible, la forcé fébrile et fugace, tu sculptais une empreinte entêtée dans l&rsquo;espace délogé, tel le débris incorporel, mais poignant, qui siège dans la mémoire.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Plus tard cette derme nue te clignerait de l’œil et tu mettrais tes mains au service de la peau tendue qui encerclait le vide et qui, en convoitant la chair et atteignant le bronze, acquérait de l&rsquo;épaisseur, de la corporéité physique et se remplissait de courbes et de replis, les supplis et les questions, les plis qui simulent les interstices de la vulve et les questions qui nichent aux méandres du cerveau. L&rsquo;espace intérieur que cette intempérance formelle délimitait, était indéfectiblement géometrique, la précise et austère réalité du cube.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Le cube t&rsquo;a réclamé finalement de remplir son volume vide. Et tu retrouverais ta fidèle marotte architectonique, la conception d&rsquo;univers en miniature, la gestation de scènes simboliques qui traduiraient la trace inflétrissable du temps vécu. Tu y verserais la lumière et les ombres, en créant un monde inaccessible telle la lie du souvenir, hors d&rsquo;atteinte telle l&rsquo;image dans le miroir, uniquement abordable par le regard alerte.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">II nous faut nous approcher et guetter avec parcimonie ces architectures intérieures, parcourir avec un regard borgien leurs dédales mystérieux: c&rsquo;est du temps cristallisé. Nous découvrirons des jardins habitables: l&rsquo;espace clos, idéal, invulnérable&#8230; Nous y trouverons aussi les vestiges verticaux d&rsquo;un temps de magie, d&rsquo;un temps de rage: coupoles, murs, marches, graphies, crevasses, runes, miettes, écornures, l&rsquo;usure du temps, le dégât des jours, la poussière des siècles&#8230; Tel un dieu mineur, ce Gulliver dont nous rêvions dans notre enfance, fouillons les labyrinthes proustiens, versons-y nos fictions, récupérons une musique éteinte.</span></p>
<p><span style="font-size: x-large;">Ami voyeur, deviens voyant.</span></p>
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		<title>La représentation de l&#8217;absence &#8211; Ramon Alabau</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Sep 2012 15:30:41 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-large;">Bien souvent l&rsquo;empreinte du passe persiste sous la forme d&rsquo;images fixes, d&rsquo;instantanées fugaces. Le sculpteur Francesc Morera, dans les oeuvres qui configurent le cycle &laquo;&nbsp;Architectures intérieures et jardins invisibles&nbsp;&raquo; a donné de l&rsquo;épaisseur, du volume, de la corporéité physique à ce temps cristallisé, avec la mise en scène d&rsquo;univers symboliques, de dédales borgiens, dans l’austérité géométrique du cube. Le photographe Miquel Parés a voulu restituer à ses deux dimensions originelles, a traduit à des jeux de lumière et d&rsquo;ombre, cette représentation de l&rsquo;absence: coupoles, murs, marches, graphies, crevasses, décombres, miettes, écornures, l&rsquo;usure du temps, le dégât des jours, la poussière des siècles&#8230; Le poète Ramon Alabau a verbalisé la dévastation irrévocable, le nostalgie insatisfaite, la malléabilité de la mémoire, la recréation proustienne du temps vécu. Temps figé qui attend, dans ce dialogue ouvert de miroirs, de nouveaux regards qui le peuplent de présences fugitives, de sons éteints, d’arômes évanouis.</span></p>
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